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Albus avait toujours aimé les téléphones des Moldus.
Depuis que son vieil ami les lui a fait découvrir, il essaye de trouver un moyen de les faire fonctionner avec la magie, et surtout, de s’assurer que ses concitoyens ont une idée de comment s’en servir une fois qu’il y aura réussi.
Le processus est lent.
Hélas.
Il saisit le dernier numéro sur le bout de parchemin flétri qu’il tient dans ses mains, porte le combiné à son oreille et attend.
— Rockbell Automail, Edward Elric à l’appareil.
Oh, ce n’était celui à qui il s’attendait.
— Bonjour, commence Albus, la voix toujours guillerette. J’ai bien peur d’avoir voulu appeler quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il a changé de numéro. Est-ce que vous connaîtriez par hasard un Van Hohenheim ?
Il y un petit silence à l’autre bout de la ligne, puis un grognement à voix basse.
— J’arrive pas à croire que le vieil empaffé a donné ce numéro à des inconnus.
En arrière-fond Albus entend alors une voix féminine qui réprimande le choix de mots du sir Elric.
— Oui, je sais, il a fait amende honorable avant de clamser, mais c’est quand même un vieil empaffé. C’est mon père, j’appelle son cul mort comme je veux.
— Oh, se surprend à dire Albus, partagé entre un bref éclair de chagrin à la perte d’un ami de plus et le soulagement que l’ami en question ait enfin réussi à tourner la page. Je… n’étais pas au courant que mon cher ami était décédé. C’était votre père ? Toutes mes condoléances.
— Oh, heu, c’est bon. Désolé de ne pas avoir annoncé la nouvelle plus… vous savez.
M. Elric avait l’air contrit et embarrassé, et ça lui faisait se sentir encore plus mal.
— Pourquoi, heu… Qu’est-ce que vous vouliez de mon vieux, d’ailleurs, Monsieur… ?
— Albus Dumbledore, il complète, réalisant tardivement qu’il ne s’est jamais présenté. Je suppose que cela n’a plus d’importance maintenant. Je suis directeur d’une école, voyez-vous, et je dois m’occuper d’affaires urgentes pour l’année, donc j’espérais que votre père pourrais me remplacer en mon absence. Mais bon…
— Ouais, je suppose que on peut difficilement mettre une tombe à la tête d’une école, dit M. Elric avec rudesse, mais sans méchanceté.
Il y a d’autres cris de la femme, et le son distinct de M. Elric criant en retour dans le récepteur étouffé.
— Désolé pour ça, ma femme ne me laisse jamais seul au téléphone, elle dit que je suis mauvais pour les affaires.
Il y a une pause.
— C’est quel genre d’école, d’ailleurs ?
— Poudlard, en Ecosse, Grande Bretagne.
Albus savait que le pays de son ami était de tendance isolationniste et ne figurait sur aucune carte, mais il s’était plus ou moins attendu à ce que sa réputation s’étende même là-bas. C’en était presque rafraîchissant.
— Oh, j’ai entendu parler de cet endroit, vous faites de la magie et tout ça, non ?
— … Oui.
— Bizarre, dit M. Elric. Pourquoi vous vouliez demander à mon vieux ? Vous avez pas de bon remplacent plus près de chez vous, genre un qui s’y connaisse en magie ? Hohenheim était un alchimiste, pas un sorcier.
— Eh bien, commence Albus, se demandant pourquoi ils continuaient cette conversation.
Mais encore une fois, il faut dire qu’il aime bien les téléphones.
— J’aime toujours donner à mes élèves et à mes collègues des perspectives différentes. La stagnation est l’ennemi du savoir, après tout.
— Pas faux. Elric hume. Ça serait pour une année entière, vous avez dit ?
Était-il en train de suggérer ce qu’il pense qu’il est en train de suggérer ?
— Oui.
— Vous savez, je viens de terminer ma dernière période d’enseignement à l’université, et ça fait à peine un mois que je suis à la maison, et ma femme demande déjà quand je vais me tirer parce que je lui tape sur les nerfs avec ma tendance à fouiller les emmerd’.
Hum. Albus réfléchit.
— Vous avez enseigné à l’université ?
— Ouais, j’allais prend une pause, mais ‘voyez, si vous avez vraiment besoin d’un remplacent qui soit un peu non-conventionnel, je parie que je peux arranger ça.
— Qu’est-ce qui vous pousse à vous proposer ?
Il y a un silence gêné à l’autre bout.
— C’était vache de ma part, la façon dont j’ai transmis la nouvelle de la mort d’Hohenheim. Je me sens un peu coupable pour ça. Mais aussi… j’avais l’intention d’aller dans votre région, voir tout ce charabia magique de mes propres yeux, alors autant enseigner une bande de gosses et diriger une école.
— Avez-vous d’autres qualifications à part votre expérience dans l’enseignement ?
— Oh, ouais. J’ai été un alchimiste d’Etat pendant trois ans, j’ai aidé à renverser le gouvernement, j’ai frappé un Dieu, perdu la faculté de faire de l’alchimiste avant de la récupérer de Dieu. C’est suffisant ?
Une pause.
— Je peux aussi frapper vachement fort.
— J’ai… des questions que je m’abstiendrai de poser.
— Ouais, on me le dit souvent. Alors, vous me prenez ?
Albus ne devrait sans doute pas, mais bon, c’est le fils de son ami, à quel point ça peut mal tourner ?
— Je pense qu’on peut trouver un moyen d’arranger ça.
— Génial, dit M. Elric.
Et, attendez, quel âge a-t-il ? Il est marié, d’après ce qu’il a compris…
— Oh, je peux amener mes gamins ? Ça fait un moment que je ne les ai pas vu et ma femme est à fond pour les liens familiaux quand elle me jette pas dehors pour l’avoir dérangée parce que je m’ennuie.
— Cela devrait être faisable, quel âge ont-ils ?
— Six et sept ans, mais ne vous en faites pas, ils savent se tenir.
— Je suis sûr que ça ira. Je m’arrangerai de mon côté pour que quelqu’un vienne vous chercher au début du mois d’août. Cela vous convient-il ?
- Elric hum, puis crie quelque chose à celle qu’Albus présume être sa femme, encore une fois étouffé.
— Changez ça pour la mi-juillet, je sais pas si Winry peut supporter encore trois mois que je traîne à la maison 24/7. L’éloignement renforce l’affection, ‘comprenez ?
Quel curieux jeune homme.
— Ça devrait marcher. Merci pour votre aide avec un préavis aussi court, M. Elric.
— Juste Ed, tout le monde m’appelle comme ça.
— Très bien Ed, appelez-moi Albus dans ce cas.
— Nickel. Bien, j’attends de vos nouvelles bientôt.
Et avant la fin de l’appel Albus croit entendre Ed brailler :
— Hé, les morveux ! Ça vous dit un voyage d’un an dans une école de magie ?
— Eh bien, Albus murmure en reposant le combiné de la cabine téléphonique. Au moins personne ne peut lui reprocher d’être ennuyeux.
Arthur pense encore à la nouvelle selon laquelle Lucius Malefoy vend des artéfacts noirs et des poisons dans l’Allée des Embrumes quand il aperçoit les parents d’Hermione, s’efforçant nerveusement d’échanger de l’argent moldu avec un gobelin.
— Oh, c’est à ça que ressemble l’argent moldu ? Fascinant ! Nous devrions prendre un verre plus tard, j’ai tellement de questions !
M. et Mme Granger le considèrent d’un air penaud, sans doute encore un peu déstabilisés par toute la magie autours d’eux, quand l’homme au guichet d’à côté commence à crier fort en…
Attendez, est-ce qu’il était en train de crier sur l’employé en gobelbabil ?
— Hein, dit Molly à côté de lui, observant l’homme brailler son charabia avec non plus un, mais maintenant trois guichetiers gobelins, ses deux enfants gazouillant gaiment des mots sans queue ni tête entre les deux.
Les sons rauques et inhumains résonnent à traverse le grand hall de marbre de Gringotts et attirent non seulement l’attention des autres clients mais aussi celle des autres gobelins, qui se mettent à chuchoter et, chose perturbante, à glousser.
L’homme souffle, ses yeux rappelant vaguement un serpent alors qu’il tourne la tête pour prendre l’argent des goblins avec quelques mots râpeux exaspérés en plus, avant de se tourner vers ses enfants.
— Vous étiez pas obligés d’insulter les employés une phrase sur deux, sales gosses.
— Mais Papa, dit le garçon, tapant du pieds et fixant son père avec des yeux bleu ciel et une moue. Les gros mots sonnent rigolos !
— Ouais ! Approuve la petite fille, qui a les yeux de son père mais les cheveux nettement plus clairs. Tu dis toujours que c’est important de savoir insulter les gens dans leur langue maternelle !
— Oh Vérité, soupire leur père, se retournant vers les gobelins et murmurant ce qui doit être des excuses (pas qu’Arthur comprenne quoi que ce soit à ce qu’il est en train de dire) avant de se retourner vers ses enfants. Cette règle s’applique au gens qui sont impolis avec toi, pas aux gens qui font simplement leur travail.
— Mais ils se sont moqué de ton accent !
— Mon accent est nul, Eden, bien sûr que ça les fait rire. Vous vous moquez tout le temps de l’accent de l’oncle Ling.
La fille, Eden, croise les bras.
— Ouais, bah l’oncle Ling se moque de notre xinois !
— Exactement, dit leur père sans ambage, empochant son argent et les poussant en avant. Maintenant allons finir le reste des courses et vous pourrez avoir une glace, mais seulement si vous causez moins de deux incidents internationaux.
— D’accord !
— Je me demande qui c’était, murmure Molly, l’air très désapprobateur.
— Qui que ce soit…, dit Fred ou George.
— Espérons qu’on le reverra, il a l’air marrant ! Termine l’autre jumeau.
Arthur accompagne sa famille et Harry vers les coffres, se sentant pousser un autre cheveu gris.
L’estomac d’Harry fait un plongeon quand les yeux de Lockhart rencontre les siens et que l’homme crie son nom, la foule se fendant pour le laisser attraper sa main et l’entraîner vers la table au centre de la pièce. Derrière lui, Harry croit entendre le photographe de la Gazette du Sorcier se mettre en position, mais des pas lourds se font soudain entendre.
Une main puissante attrape Harry par l’épaule et le pousse derrière un large dos, le même homme qu’il avait vu à Gringotts s’avançant devant lui. Malgré sa minceur, il semble le dominer aussi facilement que le ferait Hagrid, mur inébranlable de muscles et d’assurance. Les deux enfants de l’homme, quant à eux, étaient occupés à voler la caméra du journaliste et à jouer à chat avec.
— Heu, dit Harry intelligemment, fixant l’arrière d’une tête très dorée.
— Vous êtes sérieux ? Grogne l’homme, protégeant toujours Harry de la vue et de l’emprise de Lockhart. Ce gamin a douze ans, et vous alliez le forcer comme ça à prendre des photos pour un journal avec vous ?
— Mon cher monsieur, êtes-vous son tuteur ?
Lockhart sourit à l’homme, mais Harry peut voir le léger tic de sa mâchoire quand il tente de jeter un œil par-dessus l’épaule de l’homme.
— Je…
— Non, ce n’est pas moi, le coupe l’homme, toute la librairie soudain silencieuse. Mais ça ne change rien. Il est mineur, et vous ne pouvez pas juste lui faire prendre des photos pour un journal sans le consentement explicite de son véritable tuteur. Êtes-vous un idiot ?
— Je vous assure…
— Attendez, l’interrompt à nouveau l’homme. Vous seriez pas le gars qui va enseigner la Défense contre les Forces du Mal cette année ?
Lockhart est pris de court mais le couvre rapidement avec un rire bon enfant.
— Voilà une façon de ruiner la surprise ! Mais oui, c’est bien moi. Comment vous avez…
— Putain de merde, interrompt l’homme pour la troisième fois. J’ai du pain sur la planche.
Et sans un mot d’explication ou d’excuse il se détourne, des yeux d’un jaune saisissant rencontrant ceux d’Harry et l’éloignant de Lockhart et de la foule vers les Weasley.
— Les enfants ! aboie-il d’une voix de sergent instructeur sans se retourner. Rendez à l’imbécile son appareil photo!
— Sinon quoi ? demande avec une lueur de défi dans le regard la fille qui a été appelé Eden, il semble à Harry.
— je le dirai à votre mère !
— D’accord !
Le garçon devient mortellement pâle, il se précipite vers le photographe, lui pousse l’appareil photo dans les mains et lui et sa sœur courent après leur père.
L’homme remet Harry à Mme Weasley.
— Surveillez mieux votre gosse, pour l’amour de la Vérité, dit-il comme si ses deux diablotins à lui n’étaient pas encore en train de se déchainer dans le magasin.
Il semble à Harry que le garçon est peut-être en train de grimper au sommet d’une étagère, sous les encouragements de sa sœur.
— A bientôt, je suppose.
Harry trouve que la phrase sonne un poil plus inquiétant qu’elle n’aurait dû. Ou peut-être pas. Le gars avait l’air du genre à faire flipper pour le plaisir.
Mais bon, il ne s’était pas retrouvé à la une de la Gazette du Sorcier, donc c’est déjà ça de gagné.
— Hé, murmure Harry en pointant du doigt la table des professeurs. Qui c’est ?
Ron suit sa ligne de vue et fronce les sourcils.
— C’est pas le mec effrayant du Chemin de Traverse ? Qu’est-ce qu’il fait à la place de Dumbledore ?
Ron plisse les yeux.
— Est-ce que c’est ses petits diablotins de chaque côté de lui ?
Harry se dit que Ron n’a pas vraiment de quoi parler de diablotins vus ses frères et sœurs, mais il garde cette opinion pour lui.
— Rogue n’est pas là non plus.
— Peut-être qu’il s’est fait virer, ricane Ron.
— Ou peut-être, grogne une voix froide derrière eux, il se demande pourquoi vous n’étiez pas dans le train.
Hermione est encore à se demander où ont bien pu passer Harry et Ron quand l’homme assis à la place du directeur se lève. Elle était si préoccupée pour ses amis qu’elle n’avait même pas remarqué que la Répartition s’était terminée.
C’est le type du Chemin de Traverse, Hermione réalise maintenant qu’il est debout. Il n’est pas particulièrement grand ni large, et ses cheveux dorés sont attachés en queue de cheval. A sa gauche et à sa droite sont assis ses enfants qui gigottent sur leurs chaises.
Il frappe dans ses mains.
— Bonjour à toutes et à tous, j’parie que vous êtes tous un peu perdus en ce moment. Eh bien, je remplace le directeur pour l’année parce que Albus est occupé à faire de la politique. Ne l’enviez pas. J’m’appelle Edward Elric, ces deux morveux que vous voyez là sont mes enfants Asher et Eden. Vous inquiétez pas s’ils se déchaînent un peu, ils n’écoutent que leur mère et elle est à la maison.
« Alors, je suis censé vous dire de ne pas aller dans la Forêt Interdite, pour des raisons évidentes. Mais en même tant je ne suis pas fan des règlements, donc si vous y allez sachez que vous risquez de mourir. Si vous survivez, eh bien, c’est à ça que sert les retenus, m’a-t-on dit. J’en sais rien.
« Ensuite, les changements de personnel. Puisque le professeur de Défense contre les Forces du Mal est mort dans… des circonstances mystérieuses, c’est ça ?
Il se tourne vers une McGonagall à l’air très exaspéré, qui hoche la tête.
— On en a un nouveau. Accueillez s’il vous plaît M. Gilderoy Lockhart, et garder le fangirlisme pour après la classe.
« Okay mes gaillards.
Les yeux de serpents étincellent à la lueur des chandelles de la Grande Salle, le sourire tout en dents aiguisées de prédateur.
— Puisque ce vieil Albus m’a donné carte blanche pour l’année, voyons si l’école est encore debout à la fin.
Elric s’apprête à se rasseoir quand les portes de la Grande Salle se rouvrent et que Rogue se glisse à l’intérieur, et de façon troublante il a l’air aussi réjoui que si Noël était arrivée en avance. Hermione a l’horrible soupçon que c’est à cause de Harry et Ron.
Rogue murmure quelque chose à l’oreille de McGonagall et Elric, qui ont l’air respectivement furieux et amusé en se levant. Elric dit quelque chose à ses enfants avant de suivre les deux autres hors de la Grande Salle, pouffant de rire en silence.
Même si Harry et Ron ne se font pas renvoyer, Hermione va les étrangler.
A la table des professeurs, le fils d’Elric ramasse une cuillerée de petits pois et la catapulte vers la table des Serdaigles.
Harry s’attend à ce que Rogue revienne avec McGonagall, mais pas avec le type cinglé du Chemin de Traverse. Quoique avec le recul, vu qu’il était assis à la place de Dumbledore à la table des professeurs, il aurait peut-être dû.
— Expliquez-vous, leur lance McGonagall sans préambule.
Ron s’exécute, et pendant ce temps Harry surveille les expressions des adultes. On dirait toujours que c’est le plus beau jour de la vie de Rogue, les lèvres de McGonagall continuent à se pincer de plus en plus, et le type…
Bon, il a l’air à deux doigts de partir en fou rire incontrôlable.
— Tous les deux, dit McGonagall à la fin, vous êtes des imbéciles finis.
C’est manifestement la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et le gars du Chemin de Traverse explose de rire, s’agrippant au bureau de Rogue.
McGonagall l’interpelle.
— Y-a-t-il vraiment de quoi rire, Edward ?
— Je suis désolé, s’esclaffe-il, l’air absolument pas désolé. C’est juste que c’est la connerie d’adolescent la plus fantastiquement timbré dont j’ai entendu parler depuis, eh bien, depuis mes douze ans, pour être honnête.
Il essuie les larmes aux coins de ses yeux et respire profondément pour calmer son amusement, avant de se retourner vers Harry et Ron.
— Okay, tout d’abord : c’était complétement stupide, vous vous en rendez bien compte tous les deux, hein ? Genre en mettant de côté le problème d’être vus, dont je me fiche pas mal personnellement – pas mon cirque, voyez ? – mais genre, est-ce que vous avez au moins le permis voiture ? Ou pour piloter un avion ? Est-ce que vous savez même conduire un vélo ?
Harry et Ron échangent un regard perplexe.
— C’est bien ce que je croyais, dit le type en hochant la tête. Vous auriez pu mourir. Genre, pour de vrai, arrêter de vivre pour de bon. Imaginez si vous ne vous étiez pas écrasé dans cet arbre mais dans le lac à la place ? Bonne chance pour sortir de la voiture.
Il se calme un peu.
— Je sais que Severus adorerais vous voir renvoyés, mais je ne vais pas le faire. Vous êtes des enfants, et les enfants font des trucs stupides tout le temps. Mais la prochaine fois que vous faites un truc à ce point stupide vous feriez mieux de pas vous faire prendre, ou je serai obligé de vous renvoyer. C’est compris ?
Il se tourne vers McGonagall.
— Je ne doute pas que vous les punirez comme il se doit. Maintenant, il faut que je retourne au festin et que je m’assure que mes gosses n’ont pas foutu le feu à quelque chose.
Et sur ses mots il attrape Rogue par le col de sa robe et le traine hors du bureau.
— C’était qui, croasse Ron, ça ?
McGonagall se pince l’arête du nez.
— Ça, M. Weasley, c’était Edward Elric, le directeur de l’écola pour cette année.
Bon, alors.
Gilderoy entre dans sa classe, Harry toujours à ses côtés, et s’arrêta net à la vue de l’homme adossé à son bureau, avec un bloc-notes rigide et ce qui ressemble à un stylo moldu à la main.
— Ah, dit Edward Elric, son effrayant regard de prédateur alternant entre lui et Harry. Je vois que vous n’avez pas pris au sérieux notre conversation à la libraire. Sans surprise.
Gilderoy fait de son mieux pour sourire joyeusement tandis qu’Harry échappe à son emprise et s’assoit au fond de la salle.
— Ah, Edward, que me vaut ce plaisir ?
Un sourcil doré se lève sur le front de l’autre, et franchement, comment fait-il pour avoir des cheveux aussi dorés et brillants ?
— Eh bien, Gilderoy, dit-il avec une pointe d’ironie dans la voix.
Derrière Gilderoy d’autres élèves remplissent la pièce.
— Etant donné que c’est la première fois que vous enseignez, j’ai pensé qu’il serait bon de voir comment vous vous débrouillez.
Il attrape une chaise à l’un des bureau et s’assoit légèrement en arrière du bureau du professeur, et lui fait un geste.
— Faites comme si je n’étais pas là.
Gilderoy ne s’est jamais senti aussi mal à l’aise de sa vie.
— Bon, commence-t-il, essayant de se remettre en route.
S’avançant vers son bureau il attend que le dernier élève s’installe pour prendre au hasard le livre de quelqu’un pour en montrer la couverture. Il se lance dans son habituel discours d’introduction, jetant de temps à autre un coup d’œil en coin à Edward. Chaque fois une pair d’yeux de serpent le fixe, sans ciller, et le fait frissonner.
— Pourrais-je aussi avoir un exemplaire de ce questionnaire, Gilderoy?
La façon dont il prononce son nom n’est décidément pas aimable, à chaque fois, et il a bien du mal à garder son sourire charmant en donnant un exemplaire à l’homme.
— Certainement, cher ami !
Edward hume.
— Vous devriez sans doute laisser certains de vos exploits pour vos futures présentations, tenez-vous-en à ceux qui sont pertinents.
Le sourire de Gilderoy se crispe.
— Merci du conseil.
Mais Edward ne l’écoute déjà plus, occupé à parcourir le questionnaire, ses sourcils s’élevant avec constance de plus en plus haut sur son front.
Ça ne se passe pas comme prévu.
Une fois que les trente minutes qu’il avait allouées à l’interrogation se sont écoulées et qu’il les a ramassées, il s’apprête à lire les réponses, mais Edward reprend encore la parole.
— Pardonnez cette interruption, Gilderoy, dit-il, l’air absolument pas désolé, mais pourriez-vous m’expliquer en quoi exactement votre couleur préférée a un rapport avec la Défense contre les Forces du Mal ? Je suis sûr que le lilas est une couleur merveilleuse, mais je doute que ça aide les élèves quand quelqu’un essaie de leur jeter un maléfice.
Edward croise les jambes, et quelque chose de métallique brille dans l’espace entre sa chaussure et son pantalon.
— Je crois me souvenir que je vous avais envoyé les modalités de l’examen pour les différents niveaux en vous demandant de revoir votre plan de cours en conséquence.
Toute la classe est silencieuse à l’exception de quelques ricanements épars étouffés.
— Eh bien, c’est vrai, Edward, et je vous assure que je les ai pris en considération. Cette interrogation était juste pour évaluer quelle proportion du programme ils ont retenu, c’est tout.
— Je vois, dit lentement Edward, dubitatif. N’hésitez pas à continuez.
— Très bien, lâche Gilderoy aussi agréablement qu’il peut, se penchant derrière son bureau pour prendre la cage de lutins de Cornouailles qu’il avait préparée, les dévoilant théâtralement. Voici des lutins de Cornouailles ! Ils n’ont l’air de rien, mais soyez sûrs qu’ils peuvent se révéler des plus pénibles ! Voyons comment vous vous en sortez… Quoi encore ?
En un clin d’œil, Edward s’est levé de sa chaise, a abandonné son matériel d’écriture et lui a attrapé le poignet d’une poigne de fer, l’empêchant d’ouvrir la cage. L’attitude décontractée d’Edward s’est évaporée dans cette fraction de seconde, laissant place à une froideur d’acier.
— Vous alliez vraiment lâcher des bêtes sauvages dans une classe de deuxièmes années sans d’abord leur expliquer comment s’en occuper ? Sans pratiquer contre-sort ? Rien du tout ?
Gilderoy bafouille.
— Mon cher Edward, je vous assure que je sais ce que je fais.
— Ce n’est pas l’impression que vous me donnez en ce moment, siffle Edward, ressemblant de plus en plus à un serpent venimeux sur le point de frapper, serrant sa prise sur le poignet de Gilderoy. Voilà ce qui va se passer…
— Restons raisonnables, voulez-vous, interrompt cette fois Gilderoy, oubliant un moment leur auditoire. Je suis un expert en Défense contre les Forces du Mal. Quelles sont vos qualifications, exactement ?
Le silence qui règne dans la salle troublerait un cimetière. Edward se redresse de tout sa (relative) hauteur.
— Albus Dumbledore a fait appel à moi et m’a demandé personnellement de le remplacer comme directeur de l’école pendant son absence. Il a laissé l’école sous mon contrôle total et à ma discrétion, et cela inclut tout changements de règlement que je pourrais estimer nécessaire, ainsi que les changements de personnel. Me suis-je bien fait comprendre ?
« Alors, voilà ce qui va se passer, Gilderoy, dit Edward avec un calme trompeur, et sur son visage un sourire aux dents acérées qui l’effraie au plus haut point. Pour le reste de la semaine, quelqu’un va vous remplacer et passera en revue le programme de l’année dernière avec les élèves. Pendant ce temps vous reverrez votre plan de cours, et je le vérifierai. Vous n’êtes pas autorisé à mener des présentations sans supervision. C’est une question de sécurité des élèves, vous m’entendez ? Je ne tolèrerai pas la mise en danger délibérée de mineurs dans cette école aussi longtemps que j’en serai le responsable.
Il se tourne vers la classe.
— Le cours est fini pour le moment, les enfants, aller prendre l’air ou ce que vous faites de nos jours.
Comme un seul homme, les élèves rangent leurs affaires et se dispersent comme des feuilles dans la brise.
Harry ne peut que regarder Rusard lui hurler dessus, l’accuser d’avoir assassiné Miss Teigne, au point que sa voix s’étouffe, quand quelqu’un frappe dans ses mains, imposant le silence à la foule d’élèves bourdonnante de chuchotements et faisant taire Rusard. Là, au milieu de la foule des élèves, se tient Elric à côté de McGonagall et de Rogue, ses enfants regardant cachés derrière ses jambes avec de grands yeux ronds.
Elric embrasse la scène. Les yeux jaunes lisent le message et s’arrêtent sur la chatte pendue, sur l’eau sur le sol. Puis il les regarde tous les trois.
— Bon, dit-il d’une voix calme à peine plus forte que la normale, qui pourtant met tout le monde au garde à vous. Que les préfets ramènent les élèves dans les salles communes sans détours. Severus, Minerva, Argus, et vous trois – il les désigne du regard – trouvons un endroit privé.
Il s’avance pour retirer avec précaution la chatte du port de torche. Lockhart, quant à lui, se racle pompeusement la gorge, et propose son bureau. L’espace d’un instant Elric a l’air plus tôt prêt à avaler de la javel, mais il accepte.
Tandis qu’ils descendent le couloir, Harry a l’impression qu’on le mène à la potence.
Une fois dans le bureau de Lockhart Elric dépose délicatement la chatte sur le bureau et vérifie si elle n’ a pas de marques ou de blessures, fronçant de plus en plus les sourcils.
— Le chi du chat est bizarre, s’élève une voix.
Tout le monde se tourne vers l’aîné des enfants Elric. Ils s’étaient vraiment incrusté juste comme ça ? Le gars les laissait faire ce tout qu’ils voulaient ?
— Il est toujours là, mais figé.
A part sa sœur et Elric personne n’avait l’air d’y comprendre grand-chose.
— Je vois, dit Elric en se retournant vers la chatte. Dans ce cas elle est encore en vie, hum.
Il ignore les questions geignardes de Rusard et à la place se tourne vers McGonagall et Rogue.
— Est-ce possible ? Donner à une chose l’apparence de la mort, mais en fait seulement la figer ? La force vitale de la chatte est toujours là, apparemment, juste suspendue dans le temps.
McGonagall échange un regard avec Rogue, puis se tourne vers Elric.
— La pétrification. Mais il n’y a pas beaucoup de façons dont cela peut arriver. Puis-je ?
— Faites-vous plaisir.
Il lui fait signe de prendre sa place, pour se tourner lui vers Harry et ses amis.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— On était à l’anniversaire de mort de Nick Quasi-Sans-Tête, commence Harry, rendu nerveux par l’intensité des yeux jaunes braqués sur lui, alors qu’Elric articule « anniversaire de mort ? ». On était en train de retourner à la Tour de Gryffondor quand on est tombé sur Miss Teigne…
— Balivernes ! Hurle Rusard, sa voix résonnant dans le bureau et faisant sursauter certains des portraits de Lockhart. Vous savez que je suis un… un Cracmol ! Vous l’avez fait exprès !
Elric regarde Rusard un moment, levant un sourcil.
— Qu’est-ce que c’est qu’un Cracmol, mec ?
Rusard balbutie, les yeux écarquillés, tandis qu’à côté d’Harry, Ron renifle de rire.
— En tout cas, je doute un peu qu’une bande de gamins soit capable de faire quelque chose comme ça. N’est-ce pas, Minerva ?
McGonagall souffle, laissant la place à Rogue pour qu’il puisse faire son propre diagnostique.
— Non, je n’ai jamais rien vu de tel.
Elle les regarde.
— Toutefois, je me demande si ce couloir est vraiment sur le chemin de la Tour de Gryffondor, vous trois.
— Heu, fait Harry, échangeant un regard avec ses amis.
Qu’est-ce qu’il était censé répondre à ça ?
— Vous avez entendu la voix bizarre vous aussi ? Dit soudain Eden, en le fixant de ses grands yeux jaunes et en tirant sur sa cape. On l’a entendu plusieurs fois, et elle avait l’air méchante. ET vous?
— La voix ? croasse Harry, se sentant désagréablement mis à nu. Je, heu…
— Vous entendez des voix ? demande McGonagall, mais aux deux enfants plutôt qu’à lui. Vraiment ?
— Ouais, dans le mur, dit Asher. Tous les trois.
McGonagall lance un regard sceptique à Elric, qui hausse les épaules.
— On est dans une école magique avec des fantômes, des esprits frappeurs, des escaliers qui bougent et des portes qui s’ouvrent sur le vide, alors on c’est dit que c’était normal dans le coin. Du coup, est-ce que vous avez aussi entendu la voix ?
C’est maintenant à eux qu’il s’adresse, dans l’expectative.
— … Moi oui, mais pas Ron ni Hermione, finit par admettre Harry, se sentant légèrement malade. On l’a suivi jusqu’à ce couloir.
— Je vois, dit Elric avec un regard pensif. Bah, il n’y a rien qu’on puisse faire pour le moment, si la voix vient des murs et que seules certaines personnes peuvent l’entendre.
« Gilderoy, appelle-t-il soudain, prononçant le prénom de Lockhart avec quelque chose qui ressemblait fort à de la dérision. Pourriez-vous escorter les enfants jusqu’à leur salle commune ?
Lockhart fait la grimace.
— Bien sûr, monsieur le directeur.
Alors qu’ils partent Harry entend McGonagall confronter Elric à nouveau.
— Comment ça, vous avez entendu une voix qui réclamait du sang et vous n’avez pas pensé à le dire ?
— Oui bah désolé, j’ai vu des trucs plus étranges rien qu’en allant au petit déj’ dans c’t endroit !
Harry n’est pas sûr que Dumbledore ait choisi le meilleur moment pour s’occuper de politique. Ni le remplaçant le plus judicieux, d’ailleurs.
Mais bon, qui vivra verra.
Si elle ne pouvait rien trouver sur la Chambre des Secrets dans L’Histoire de Poudlard, alors elle allait demander à leur professeur d’Histoire de la Magie, fantôme étourdi ou pas.
C’est avec cette attitude qu’Hermione entre dans la classe, avant de trébucher sur l’ourlet de sa robe quand ce n’est pas le professeur Binns qui flotte derrière son bureau mais à la place leur nouveau directeur qui y est nonchalamment adossé, les bras croisés et ses yeux jaunes les regardant remplir la salle comme un faucon. Au premier rang sont assis ses enfants, pour une fois inhabituellement immobiles et concentrés.
— Heu, dit Dean, frémissant quand le regard du professeur Elric se concentre sur lui. Où est, heu, le professeur Binns ? Monsieur ?
— Je l’ai convaincu d’être à la retraite pour le reste de sa mort, dit-il comme si le gars n’avait pas passé le dernier siècle depuis sa mort à faire classe en résistant à toute logique. Donc jusqu’à ce que je trouve un remplaçant, je reprendrai ses cours. Maintenant, le programme prévoit…
Il jette un coup d’œil à des notes sur le bureau.
— Un chapitre sur la Convention Internationale des Sorciers de 1289. J’ai lu sur le sujet, et c’est incroyablement ennuyeux, inutile et ce n’est pas dans les examens, que ce soit les BUSE ou les ASPIC, donc on va faire quelque chose de plus palpitant à la place.
Pour la première fois depuis peut-être deux siècles, les élèves se réveillent.
— Je pense que quelques cours sur le Secret Magique pourrait être un bon moyen de… rappeler à certains d’entre vous pourquoi certaines choses ne devraient se produire, comme, vous savez, faire voler une voiture à travers le pays.
Il jette un regard appuyé à Harry et Ron, arrachant des rires à quelques-uns de leurs camarades.
— Personnellement, je trouve cette loi stupide, mais c’est pas moi à la tête de la Confédération internationale des sorciers, donc... Oui, Miss Granger ?
Hermione déglutit.
— Est-ce que vous sauriez par hasard… ce qu’est la Chambre des Secrets, Professeur ?
Elric la fixe pour un long moment.
— Vous avez du cran, Miss Granger, de demander ça quand la moitié de l’école pense que M. Potter ici présent a essayé d’empailler la chatte de Rusard.
Quelques-uns de leurs camarades se tortillent, mal à l’aise. Elric soupire.
— Heureusement pour vous je n’y crois pas, et je me suis renseigné sur le sujet, pour des raisons évidentes.
« On raconte que Salazar Serpentard s’est brouillé avec ses trois potes et qu’il a caché sous le château une chambre que seuls ses descendants pourraient trouver et ouvrir. Leur désaccord, portait, toujours selon la légende, sur la question de savoir qui devrait être admis à Poudlard et qui ne devrait pas l’être. Il s’agit essentiellement les Nés-Moldus, ce qui pourrait n’avoir été qu’un préjugé, ou un sentiment mal placé de protection envers les siens, vu que les temps n’étaient pas très cléments pour les sorciers et sorcières. Cela ne se limite même pas à lui, d’ailleurs, étant donné que Durmstrang n’accepte pas non plus les Né-Moldus.
« En tout cas, d’après la légende, son héritier viendrait à Poudlard, ouvrirait la chambre et libérerait l’horreur qui s’y terre pour purifier l’école de ceux qu’il jugerait indignes d’étudier la magie, donc encore une fois, les Nés-Moldus.
« On ne sait pas exactement ce que cette horreur est censée être, et personne n’a encore trouvé la Chambre, malgré de nombreux efforts déployés au fil des ans pour y parvenir.
Il la regarde à nouveau.
— Est-ce que cela répond à votre question, Miss Granger ?
— Comment on peut savoir que la Chambre n’est pas accessible uniquement par quelqu’un de la famille de Serpentard ? Demande Seamus, levant sa main avec un temps de retard.
Elric soupire.
— C’est une possibilité, bien sûr, admet-il. Si la Chambre existe, elle pourrait être dissimulée par un genre de magie liée au sang ou quelque chose comme ça. Mais là-dessus nous ne pouvons faire que des spéculations, pour le moment.
« Bon, si c’est tout, le Secret Magique…
Minerva ne sait pas trop quoi penser du nouveau directeur.
Il est jeune, terriblement jeune, et aussi laxiste pour les règlements et que pour la surveillance de ses enfants.
(Ses enfants sont un tout autre problème)
Mais il a quelque chose dans sa façon d’être, elle doit le reconnaître. Il peut être sérieux quand la situation l’exige, attirer l’attention quand il le veut, et il sait de quoi il parle – et quand il sait qu’il ne possède pas la connaissance requise pour une situation donnée, il s’en remet sans hésitation à ceux qui savent. Il a clairement de l’expérience dans l’enseignement, et il est très strict dans les standards qu’ils attend de ses collègues. C’est une expérience rafraîchissante, elle doit admettre.
Et maintenant elle assiste, non sans une certaine joie mauvaise, à la mise à mort de Gilderoy Lockhart dans la salle des professeurs.
— Aurais-je raté l’endroit dans votre dossier où il est indiqué que vous avez une formation de guérisseur, Gilderoy ?
La voix d’Edward est calme, et c’est presque plus effrayant que s’il était en train de crier, se dit Minerva. A en juger par la tête que fait Gilderoy il pense à peu près la même chose.
— Parce que j’ai lu votre dossier, et vos qualifications, et aucune d’entre elles ne mentionne une quelconque expérience en matière de guérison, surtout pas de réparation d’os brisés !
Sa voix s’élève légèrement, et malgré ses 170 cm il semble dominer Gilderoy, ses yeux jaunes brillant d’une furie à peine contenue.
— Nous avons une infirmière parfaitement compétente. La seule raison pour laquelle vous avez essayé de réparer le bras de Potter, c’était pour vous faire remarquer, parce que c’est là tout ce que vous semblez savoir faire; vous faire remarquer. D’abord vous lâchez une horde de putains de lutins sur des enfants non préparés, et maintenant ça.
— Je vous promets, c’était une erreur en toute bonne foi…
— Une erreur en toute bonne foi ?!
Edward se pince l’arête du nez, prenant de grandes inspirations pour se calmer, et reprend d’une voix plus posée.
— Vous avez fait disparaître les os de son bras. Une erreur en toute bonne foi, ce serait faire apparaître des points verts sur sa peau, pas enlever une partie de son squelette.
Gilderoy a l’air de vouloir répondre quelque chose, mais Edward lève la main pour l’interrompre par avance.
— Vous êtes renvoyé. Jusqu’à ce que j’ai trouvé un remplaçant je me chargerai de vos classes, parce que merde, mes gosses s’en occuperaient mieux que vous. Et je vais également déposer une enquête au Département de la Justice magique, parce que quelqu’un d’aussi écervelé que vous ne peut pas avoir fait aucune des conneries que vous prétendez avoir fait dans vos livres. Alors faites vos valises et partez.
— Vous n’êtes pas sérieux ! S’écrie Gilderoy. Vous n’êtes qu’un suppléant. C’est Dumbledore qui m’a engagé, et vous ne pouvez pas juste me virer pour quelque chose d’aussi ridicule ! Et d’ailleurs, qu’est-ce que vous savez sur la Défense contre les Forces du Mal ? C’est vous que je n’ai jamais vu faire de magie !
— Albus Dumbledore, dit Edward d’une voix d’un froid glacial. M’a confié tout privilège de directeur. Et je n’ai pas besoin d’un joli bâton magique pour vous casser la figure, ou pour vous jeter dehors. Si je vous bannis du château alors le château le fera pour moi. Alors soit vous partez de votre plein gré, soit vous voyez juste à quel point je suis plus compétent que vous.
Pendant un moment Minerva se demande si Gilderoy va relever le défi d’Edward et essayer de le défier en duel, mais à la place il souffle et rejette ses cheveux en arrière, sortant de la pièce avec un froissement de robes émeraude.
— Par la Vérité, marmonne Edward, aucune somme d’argent ne peut rendre ça supportable.
Minerva ne peut s’empêcher d’être d’accord.
Dès que Dobby a disparu, les portes de l’infirmerie s’ouvre, Elric portant quelque chose à reculons. L’autre bout de ce qu’il tient est porté par McGonagall, et ensemble il s’approche d’un lit pour y déposer avec précaution… une statue ?
— Je vais chercher Pompon, dit gravement McGonagall.
Elle passe avec empressement les rangées de lits, pendant qu’Elric observe la statue avec précaution, les sourcils froncés.
Deux groupes de pas pressés s’approchent, Madame Pomfresh enfilant rapidement un gilet sur les talons de McGonnagall.
— Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
— Un élève a été pétrifié, rapporte Elric d’un ton neutre, toujours en train d’examiner ce qu’Harry sait maintenant être un corps. Mes gamins voulaient quelque chose à grignoter, donc je me dirigeais vers la cuisine quand je suis tombé sur lui.
Doucement, avec précaution, il extirpe délicatement quelque chose des mains raides de l’élève. Harry doit réprimer un cri de surprise quand il se rend compte que c’est un appareil photo.
Colin.
— Vous pensez qu’il a pris une photo de son agresseur ? McGonagall demande en chuchotant.
Elle sursaute quand Elric ouvre l’arrière et révèle un panache de fumée noire.
— Qu’est-ce que…
— Brûlé, déclare Elric, retirant lentement la pellicule de l’appareil photo pour l’examiner. Pas moyen de sauver ça d’un coup de baguette, je suppose ?
— Pas que je sache, dit sombrement McGonagall.
Elric hume, fait apparaître une paire de ciseaux d’un geste paresseux de la main et coupe la pellicule à l’endroit où elle a brûlé. Il fait disparaître les ciseaux et met le reste de la pellicule dans sa poche, marmonnant qu’il la garderait en sécurité pour Colin jusqu’à ce qu’il se réveille. C’était étrangement attentionné de la part de cet homme, trouve Harry.
— Très bien, dit-il, frappant une fois dans ses mains. Minerva, auriez-vous la gentillesse d’appeler… heu, Severus, Rubeus, Pomona et Irma dans mon bureau ? Et venez aussi vous et Pompon, en fait.
— Moi ?
Pomfresh cligne des yeux, surprise.
— Pourquoi ?
— Parce que je me suis dit que si nous voulons découvrir ce qu’il y a dans cette chambre, vous six êtes les mieux placés pour réfléchir. On se retrouve dans trente minutes, je dois d’abord m’occuper de ma progéniture infernale.
Sur ce, il se précipite dehors sans un regard en arrière.
Myrtle flotte près d'une des poussiéreuses fenêtres du haut de ses toilettes lorsqu'elle entend la porte s'ouvrir pour la troisième fois de la nuit. Elle n'avait jamais vu cette personne auparavant, mais le sifflement familier lui donne presque la chair de poule et la poussant à se cacher dans le coude de ses toilettes.
Cette fois encore, elle ne se retourne pas, trop effrayée de voir qui c’est et d’être confronté aux yeux jaunes une fois de plus.
Elle ne peut plus mourir, mais quelque chose au fond d’elle répugne à affronter à nouveau la cause de sa mort.
— Bonjour ?
C’est une voix jeune, plus jeune que la voix sifflante, qui l’a interpellé, et une paire de bruit de pas s’approchent d’elle.
— Est-ce qu’on peut te demander quelque chose, Madame ?
Lentement elle se retourne, les jambes toujours croisées en tailleur là où elle flotte dans les airs, et penche la tête vers les deux enfants. Elle avait entendu parler d’eux, bien sûr, les enfants du directeur remplaçant. Même si les autres fantômes évitaient Myrtle, elle avait toujours des oreilles, surtout que la plupart se contentaient d’ignorer son existence de la même façon qu’ils le de leur vivant.
— Qu’est-ce que vous voulez ?
Les enfants échangent un regard, et le garçon fait un pas en avant.
— Je suis Asher Elric, et voici ma petite sœur Eden. Comment tu t’appelles ?
Elle plisse les yeux derrière des lunettes translucides.
— Myrtle.
Elle s'arrête un instant.
— Myrtle Warren, mais tout le monde m'appelle Mimi Geignarde. Enfin, quand ils veulent être gentils, dit-elle en reniflant et elle se détourne des enfants. Alors, qu'attendez-vous de moi ?
Eden la fixe avec des yeux presque semblables à ceux qui l’ont tuée.
— Tu vis ici ?
— Je ne vis pas, grogne-t-elle.
Mais elle recule devant le regard d'Asher, voyant le visage d'Eden se décomposer.
— Mais... oui, c'est ici que je suis morte, donc c'est ici que je hante. Pourquoi ?
— On a entendu une voix bizarre, et on l’a suivi jusqu’ici, dit Asher, encore un peu d’hostilité dans le regard et tenant maintenant la main de sa sœur. Comment tu es morte ?
La question la prend de court. Personne ne lui a jamais posé cette question depuis qu’elle était devenu un fantôme, et cela lui réchauffe presque le cœur alors qu’elle ne ressent rien depuis des dizaines d’années.
— C’était ici, dans le dernier cabinet, elle point, flottant doucement plus proche des enfants. Je pleurais parce qu’Olive Hornby s’était encore moqué de moi. Et puis quelqu’un est entré, un garçon, et il a dit quelque chose dans une drôle de voix sifflante. J’ai ouvert la porte pour lui dire de partir vu que c’est les toilettes des filles et…
— Et alors je suis morte, elle termine, entre un ton fier et solennel. Il y avait une pair de gros yeux jaunes du côté du lavabo.
Elle pointe le lavabo.
— Presque comme les tiens, ajoute Myrtle après coup à l’intention d’Eden.
— Un sifflement ? Demande la fille en fronçant les sourcils. Comme une bouilloire ?
— Non, réfléchit Myrtle. Plutôt comme… comme un serpent, je suppose.
— Oh ! S’exclame Asher, tapant un poing dans la paume de sa main. J’ai compris ! Le gars, là, Serpentin, il a choisi un serpent comme mascotte de sa maison, et son nom sonne un peu comme serpent, n’est-ce pas ? Peut-être qu’il faut imiter un serpent pour ouvrir son espèce de chambre !
— Mais frérot, proteste Eden en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que c’est que la voix dans les murs alors ?
Asher hume.
— Enfin, c’est évidemment le monstre machin de la chambre, mais pourquoi est-ce qu’il peut parler ?
— Est-ce que le monsieur Serre-Patate avait un truc spécial avec les serpents ? Une raison pour en faire la mascotte de sa maison et tout ça ?
Il faut un moment à Myrtle pour réaliser que c’est à elle qu’Eden a posé la question, et elle se tourne la tête en bas sans y penser.
— On dit qu’il pouvait parler aux serpents.
— Oh, c’est pour ça que c’est son héritier qui peut l’ouvrir ! Il faut pouvoir parler aux serpents ! dit Asher, souriant et sautillant.
Myrtle doit l’admettre, il est plutôt mignon.
— Fiou, souffle Eden en regardant son frère qui se hisse sur l'évier que Myrtle a pointé du doigt pour l'inspecter. Ça n'explique toujours pas pourquoi on peut entendre la voix, andouille.
Asher l’ignore, et penche la tête à gauche à la place. Il s’exclame :
— Il y a un serpent gravé ici !
— Vous savez, dit Myrtle d’un ton enjoué. Si vous entendez la voix du monstre, peut-être que c’est un serpent et que vous pouvez parler sa langue. Ça vaut peut-être la peine d’essayer.
— Bien vu, dit Asher en s’affaissant sur le sol avec un soupir. Bon, comment on parle le serpentien ?
— Fourchelangue, corrige Myrtle, incapable de retenir son sourire. Et je sais pas trop.
Eden croise les bras, roule des yeux, ouvre la bouche…
Et siffle.
— Oh, souffle Myrtle tandis que les lavabos bougent et grincent, sentant revenir l’instinct de se cacher. Il… faudrait sans doute mettre votre père au courant ?
— Nan, il va juste nous gronder pour être sorti après le couvre-feu, grogne Asher en regardant Eden et Myrtle. Peut-être si on n’est pas revenu dans une heure tu vas lui dire ?
— Je ne crois pas que…
— Super, merci beaucoup Myrtle, t’es trop sympa ! dit-il.
Là-dessus, il saute dans le tuyau.
Eden gémit d’agacement, frappant une main sur son visage.
— Quelle stupide andouille !
Et sur ces mots elle avait suivi son frère dans l’inconnu.
Myrtle pense qu’elle devrait sûrement avertir quelqu’un, mais, bon…
Si ils meurent ils pourront partager son cabinet, elle suppose.
Les enfants ne meurent pas, et Myrtle en éprouve un étrange soulagement.
— Salut, les salue-t-elle alors qu'ils sortent du tuyau, tandis que les lavabos se remettent en place pour paraître plus discrets que jamais. Je vois que vous êtes en vie.
— Ouais, Asher hausse les épaules.
Il fronce le nez à la vue de la bave et la saleté sur son pyjama, avant de l’effacer nonchalamment d'un sort silencieux et sans baguette, et Eden fait de même.
— Tu avais raison, le monstre est un serpent.
— Un gros, dit la fille, écartant les bras pour appuyer sa déclaration. Elle a dit qu’elle n’avait pas vraiment envie de te tuer, mais qu’un garçon nommé Tom Jedusor lui a dit de le faire, et que le gars qui l’a faite éclore lui a jeté une malédiction qui l’oblige à obéir à ses descendants.
— On a réglé son problème, et elle a dit qu’elle va arrêter de tuer des gens et qu’elle va juste se détendre dans le grand lac dehors maintenant.
Myrtle les fixe.
Avant qu’elle puisse même songer à se demander ce que sont exactement ces enfants, McGonagall entre en trombe, livide.
— Vous deux ! Qu’est-ce que vous faites ici ? Votre père est hystérique !
— Oh, disent les frère et sœur, se dégonflant un peu.
Asher sourit timidement.
— Ben, pour notre défense, on a trouvé la chambre, convaincu le monstre de devenir gentil et trouvé qui attaquait tout le monde ?
McGonagall les fixe.
(Myrtle la comprend)
— Vous savez quoi, dit enfin McGonagall, l’air d’avoir l’âme est sur le point de se détacher de son corps. Je ne suis pas assez payée pour ça. Vous êtes le problème de votre père maintenant.
Ed sait que ses enfants peuvent être difficiles à gérer.
Ils ont plus d’énergie que leur tante avec cinq expressos, absorbent le savoir comme une éponge, cause en moyenne deux accidents internationaux par semaine et trouve Olivier Armstrong « sympa ».
Vraiment, il sait que ses enfants peuvent être pénibles.
Quand même, c’était une nouveauté, même pour lui.
(Il redoute le jour de la puberté)
— Donc si j’ai bien compris, vous deux, il commence.
Pour une fois, ses enfants ont l'air contrit sans que ce soit leur mère qui les gronde.
— Vous avez suivi la voix meurtrière à l'intérieur des murs jusqu'à des toilettes, interrogé une adolescente fantôme, vous avez trouvé, ouvert la chambre meurtrière et vous êtes entrés dedans, vous avez parlé au serpent meurtrier, l'avez relâché dans le lac... j'ai raté quelque chose ?
— Le journal maudit de Tom Jedusor contrôle Ginny Weasley pour ouvrir la chambre et attaquer des gens ?
— C’est vrai, Asher, merci, j’ai failli oublié.
Il se pince l’arête du nez.
— J’arrive pas à y croire.
Eden relève la tête.
— Pour de vrai ?
— C’était du sarcasme, dit-il.
Avec un soupire, Ed passe ses bras autour de ses enfants et les serre contre lui.
— Ne refaites jamais, au grand jamais un truc pareil, vous m’entendez ? Vous m’avez fait une peur bleue, tous les deux.
— Mais toi…
— Moi, j’étais un gamin stupide et imprudent sans aucun adulte pour me surveiller. Vous, vous avez toute une série de gens très effrayants et tout pleins d’amour pour s’inquiéter pour vous et faire les trucs stupides et imprudents à votre place.
Il les relâche pour les regarder dans les yeux.
— La prochaine fois que vous trouvez une chambre meurtrière bizarre, venez me chercher moi ou l’un de ces nombreux adultes terrifiants, d’acc’ ?
— D’accord, ils répondent en chœur, faisant la moue.
— Parfait, soupire-t-il, se redressant avec un grognement. Maintenant, Ginny Weasley.
L’année allait être longue.
Albus prend une grande inspiration en sortant de la cheminée de son bureau, sentant quelque chose s’alléger dans sa poitrine. Ah, enfin sorti de la politique.
— Oh, enfin ! S’exclame Ed en se ruant vers lui, ses enfants sur les talons.
Leurs bagages flottent derrière eux comme des ballons trop gonflés. Curieux, la vitesse à laquelle ils semblent s’être adaptés à la magie.
— Je ne pense pas pouvoir gérer ce boulot pour un jour de plus.
Il s’esclaffe.
— Il s’est passé quelque chose ?
— Il s’est passé quelque chose ? L’imite Ed, roulant des yeux et contant sur ses doigts. J’ai renvoyé Lockhart pour incompétence, la justice magique mène en ce moment même une enquête pour fraude et modification illégale de souvenirs. La Chambre des Secrets a été ouvert via un journal maudit – j’ai détruit le journal et mes gosses ont fait ami-ami avec le basilique dans la Chambre, maintenant elle vit sa vie dans le lac et a accepté de garder l’école et de ne tuer personne en échange de cinq chevaux par mois.
« Je me suis débarrassé des portes qui donnent sur le vide et de tous les instruments de tortures qu’Argus cachait dans les donjons. J’ai envoyé Rubeus négocier avec les acromantulas dans la forêt pour qu’ils gardent la zone. Il veillera à les nourrir et ils ont promis de ne pas s’en prendre aux élèves. Binns a pris sa retraite, et vous trouverez sur votre bureau les dossiers de remplaçants potentiels pour lui et Lockhart. J’ai également modifié les emplois du temps pour faire une place à des cours d’anglais, de mathématiques, de science et d’EPS. L’étude des Moldus est à présent obligatoire et assurés par des élèves nés-moldus.
« Oh, et vous avez des téléphones maintenant, de rien. Les enfants ! On rentre.
Sur ce Ed et ses enfants sont sortis du bureau d’Albus.
Albus cligne des yeux.
— Bon, très bien alors.
Au moins maintenant il a un remplaçant pour quand il prendra enfin sa retraite.
