Chapter Text
Entrer dans la Grande Salle était une expérience impressionnante pour tout le monde.
Les yeux des premières années était grands ouverts d’émerveillement. Les yeux des autres années étaient grand ouvert d’observation. Qui sera un Griffondor ? Ou un Serpentard ? Celui-ci sera peut-être un Serdaigle ? Et celle-là sera sûrement une Poufsouffle. Les paris étaient ouvert pendant la chanson du Choixpeau.
Il avaient tous une opinion sur les nouveaux. Sauf sur un.
Cet enfant laissait tout le monde perplexes, étudiants comme professeurs. Était-ce une fille ou un garçon ? De longs cheveux, principalement noirs brillants noués dans une tresse complexe à l’exception d’une mèche d’un blanc pur qui cachait la moitié de son visage, rendaient difficile son identification. Son corps ne donnait pas plus d’indice, petit et fin comme il était. En fait, cet enfant était le plus petit du lot d’une bonne tête.
Et il gardait la tête basse, comme s’il ne voulait pas être vu et observé.
Le Choixpeau magique finit sa chanson, qui traitait comme d’habitude de l’unification des maisons de Poudlard, et le Professeur MacGonagall expliqua le fonctionnement de la répartition et commença à appeler les enfants un par un.
Après avoir réparti plusieurs élèves dans les diverses maisons, Professeur MacGonagall appela enfin l’élève qui rendait tant de gens curieux :
« HARRY LOKISON ! »
L’enfant, enfin reconnu comme un garçon, s’approcha timidement du tabouret. Lorsqu’il releva la tête pour permettre au professeur de poser le Choixpeau sur sa tête, des sursauts et des exclamations se firent. Le visage du garçon était particulier, en effet.
La première chose qui attirait le regard était la grande cicatrice qui partait du milieu de son front et descendait jusqu’en bas de sa joue gauche. Il était clair pour quiconque voyait ce visage que le feu était la raison de cette marque. Mais loin d’être disgracieuse, les formes roses mêlées de blanc qui se remarquaient dans la cicatrice la rendait presque magique.
Vint ensuite les yeux d’Harry. Son œil droit était d’un vert émeraude profond. L’œil gauche, sans doute touché par le feu, était noir, si noir qu’on n’y voyait pas de pupille.
Mais ce qui faisait que les gens ne détournaient pas le regard, réaction habituelle lorsqu’on est surpris à observer quelque chose qui pourrait être un complexe pour quelqu’un, fut le sourire timide qu’il adressa au professeur puis aux élèves qui l’observaient.
C’était un sourire d’une telle innocence, d’une telle fraîcheur que même les plus endurcis des Serpentards se sentaient protecteur de cet enfant déjà tant abîmé par la vie. Sa petite stature ainsi que l’état de son visage ne laissaient à personne de doute sur le fait que son enfance n’avait pas dû être des plus heureuses.
Harry s’assit sur le tabouret, le Choixpeau lui fut poser sur la tête, obstruant ainsi totalement son visage de la vue des autres.
Harry… Lokison ? Ce n’est pas ton nom de naissance, n’est-ce pas, jeune homme ? Non, ne t’inquiète pas, je ne dirai à personne ce que je vois dans ta tête. Ton histoire est à la fois triste et belle. Une histoire de haine incommensurable suivie d’un amour profond.
Mais il faut que je te répartisse à présent ou le vieux fou va se poser des questions.
Les Griffondors me semblent trop… Excités, pour quelqu’un comme toi qui préfère le calme. Oh, ils ont bon fond mais tu ne te sentiras pas totalement à l’aise chez eux.
Les Poufsouffles… Non, tu n’es loyal qu’à peu de monde pour le moment et il faut gagner chèrement ta loyauté. Et tu es bien trop complexe, ils ne te comprendraient pas totalement malgré leurs bonnes intentions.
Les Serdaigles te correspondent déjà plus mais leur côté studieux ne fera que t’isoler. Je sais que tu ne vois pas ça comme un mauvais point mais je pense qu’il sera mieux pour toi de te faire des amis autrement qu’en partageant autour de connaissances académiques.
Je pense que je vais t’envoyer à Serpentard. Après tout, ton frère n’est-il pas un serpent ? Tu parles d’ailleurs leur langue, si je ne me trompe pas. Et puis, tu es rusé même si tu n’as pas encore de grandes ambitions.
Oui, je pense bien que je vais t’envoyer à
« SERPENTARD ! »
La Grande salle resta silencieuse pendant plusieurs secondes. Ce petit bout de garçon, à l’air si innocent et si frêle, chez les serpents ? A vrai dire, même les élèves de Serpentard ne s’y attendaient pas. En voyant finalement son visage, tous avaient parié sur Poufsouffle.
Seul le Professeur Rogue ne fut pas surpris. Les blessures de l’enfant démontraient une enfance difficile et il n’était pas rare que les enfants maltraités finissent dans sa maison. Après tout, la ruse était aussi une qualité développée par la nécessité de son montrer plus fort que son agresseur, quel qu’il soit, pour survivre. C’est lui qui, le premier, applaudit le nouvel élève à sa charge. Il fut rapidement suivit du reste de la population de Poudlard.
Harry se retourna vers la tête de sa Maison et lui envoya un sourire radieux qui, bien qu’il n’en laisse rien paraître, réchauffa le cœur du Professeur aigri.
Il se dirigea ensuite vers la table des verts et argents et s’installa aux côté des quelques élèves de première année déjà répartis.
La répartition reprit, envoyant les élèves dans leur nouvelle maison, leur nouvelle famille pour les sept prochaines années.
Drago Malfoy fut, évidemment, réparti à Serpentard et s’assit immédiatement aux côtés de ce Harry Lokison si intriguant. Il lui tendit la main, observant en détail la forme de son vis-à-vis.
« Draco Malfoy, héritier de la Noble et Ancienne maison Malfoy.
_ Enchanté, héritier Malfoy. Je suis Harry Lokison, je tairai pour le moment les maisons dont je suis l’héritier, si cela ne te dérange pas. »
Draco fut surpris de cette réponse. Mais il comprit rapidement la raison de la répartition de ce jeune homme chez les serpents. Oui, certaines informations se méritent et Harry tenait visiblement à ce qu’elles ne soient pas mises au jour en public. Surtout qu’il était assez évident qu’une bonne partie des élèves alentours avaient les oreilles grandes ouvertes pour en entendre plus sur cet inconnu qui avait l’air de connaître les coutumes des Sangs purs mais qu’ils n’avaient jamais rencontré.
Les Sangs purs se connaissaient tous, ou presque. Même lorsqu’ils ne se côtoyaient pas, comme les Nott et les Londubas, ou qu’ils ne se supportaient pas, comme les Malfoy et les Weasley, ils connaissaient tous les membres de toutes les familles par leur nom.
Mais jamais ils n’avaient entendu de Sangs purs appelés « Lokison », ni même d’un quelconque Harry.
Enfin, si, ils avaient tous entendu parler d’un Harry, de Harry Potter bien sûr. Car même s’il était lui-même un Sang mêlé, la famille Potter faisait partie des familles les plus connues des Sangs purs. C’était principalement une famille liée au côté de la lumière qui avait fournie de nombreux Aurors reconnus pour leurs compétences.
Mais voilà, personne ne savait où se trouvait Harry Potter à présent. Ils s’attendaient à le voir lors de cette rentrée à Poudlard mais son nom ne fut jamais appelé. Certains étaient déçus, notamment chez les enfants venant de familles de la lumière. D’autres étaient indifférents, c’était d’ailleurs le cas de la grande majorité des Nés-moldus. Et certains en éprouvaient un grand soulagement. C’était le sentiment principal chez le Professeur Rogue, évidemment, mais il était partagé par certains Serpentards qui craignaient que l’arrivée du Garçon qui a Survécu ne fasse que renforcer les injustices dont ils étaient victimes et le favoritisme flagrant de Dumbledore envers la maison Griffondor où Potter aurait forcément atterrit.
Les réactions à cette absence étaient contrastées chez les professeurs.
Le soulagement du Professeur Rogue contrastait avec l’inquiétude du Professeur MacGonagall ou de Hagrid. Hagrid n’avait même pas réussi à retrouver la famille moldue chez qui avait été vivre le petit Harry. Les autres professeurs n’avaient pas la même inquiétude et montraient divers degrés d’indifférence.
Mais deux personnes bien qu’elles ne le montrèrent pas, partageaient un autre sentiment : la colère.
Le Professeur Dumbledore était furieux que Harry Potter ne soit pas présent. Oh, il savait bien que les Dursley ne traiteraient pas le garçon normalement, et il comptait bien dessus pour avoir un pantin acquis à sa cause dès la rentrée. Il avait tout prévu, le petit Potter le verrait comme son sauveur qui l’éloignait d’une famille hargneuse et haineuse. Et en envoyant Hagrid lui donner sa lettre, il s’assurait de sa loyauté et de sa méfiance envers Serpentard. Tout était calculé, même l’arrivée de la famille Weasley à la gare alors qu’ils s’y rendaient habituellement en cheminette.
Mais le morveux avait tout gâché, il était introuvable. Enfin, il n’avait pas encore eu le temps de chercher réellement, il faut dire qu’il n’y avait qu’un mois entre la recherche ratée de Hagrid et la rentrée. Et être le principal d’une école de magie, c’était beaucoup de travail en été.
Le Professeur Quirrel, lui, attendait avec impatience l’arrivée de l’enfant qui avait gâché la vie de son maître. Il avait appris que le vieux fou allait garder la pierre philosophale dans l’école l’année même de l’arrivée de Harry Potter. Se servir du gamin pour réussir à récupérer la pierre était un plan idéal. Et si en plus, il pouvait tuer le gosse dans la foulée, il n’allait pas se gêner. Seulement, voilà, Harry Potter n’était pas là. Et le vieux fou n’avait absolument pas communiqué sur les raisons de son absence. Il agissait comme si tout était normal. C’était franchement étrange et déroutant.
C’était sur ces idées que le festin commença. Les élèves de première année furent émerveillés à l’apparition des plats sur les tables. Les élèves de deuxième année se moquaient gentiment de leur réaction pendant que les autres élèves leur rappelaient qu’ils avait eu la même l’année précédente.
Harry fut ravis de l’arrivée des plats. Il était mort de faim. Son père l’avait accompagné de New-York à Londres et, avec le décalage horaire, il n’avait pas mangé depuis bien trop longtemps à son goût. Il observa ses camarades pour être sûr de ne pas commettre d’impairs, regardant la manière dont ils se servaient et les imita.
Draco, qui regardait discrètement son nouveau camarade, comprit que celui-ci n’était absolument pas habitué aux us et coutumes d’un repas anglais.
« Lokison, dis-moi, ton accent n’a pas l’air d’être totalement anglais, d’où viens-tu ?
- Oh, c’est vrai ? Il faut dire que je ne suis pas venu en Angleterre depuis mes 5 ans, j’ai dû beaucoup perdre. Mon dernier lieu de résidence est à New-York, en Amérique. Mon père y a plusieurs de ses amis ainsi que son frère et a souhaité que je passe un peu de temps dans un pays anglophone avant de reprendre le chemin de l’Angleterre.
- Je vois. Je dois t’avouer que je ne connais absolument pas l’Amérique. Tu vivais dans un pays non anglophone avant ?
- Malfoy, j’ai vécu dans de nombreux endroits que tu connais, je pense, aussi peu que l’Amérique. Mais nous en parlerons une prochaine fois, si tu veux bien, le décalage horaire m’a affamé » répondit Harry avec un sourire timide.
Le repas se passa dans une ambiance agréable, chacun faisant connaissance avec ses camarades ou discutant avec les élèves plus âgés pour mieux comprendre Poudlard et son fonctionnement. Le brouhaha ambiant se calma après la dessert lorsque le Directeur se leva pour faire son discours.
Sa remarque sur le corridor du troisième étage fit rire les Griffondors mais les Serpentards se regardèrent, confirmant qu’ils pensaient que quelque chose de pas très clair allait avoir lieu cette année. En effet, prévenir des enfants et adolescents qu’il y a un danger de mort était le meilleur moyen d’avoir quelques curieux qui vont vouloir vérifier par eux-même.
Après le chat de l’hymne de l’école, les élèves furent envoyés dans leur salle commune.
Harry, Draco et les autres élèves de première année suivirent les préfets de la maison dans les cachots jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent devant un mur apparemment identiques à ceux qu’ils venaient de passer. Harry remarqua un petit serpent gravé sur une pierre tout en haut du mur et le montra discrètement à son camarade qui lui répondit d’un hochement de tête en remerciement.
« Aconite » déclara le préfet, Marcus Flint, devant le mur qui s’ouvrit alors pour laisser l’accès à la salle commune des serpents.
Au premier abord, le côté sombre et feutré des cachots dont la grande baie vitrée donnait sur les profondeurs du lac, pouvait sembler froid.
Mais on se rendait vite compte que la salle était confortable, ses fauteuils et canapés noirs invitant au repos et à la lecture. Les murs était couverts de bibliothèques remplies de tomes précieux. La grande cheminée, dans laquelle ronflait un feu qui réchauffait l’atmosphère, était couverte de sculptures de serpent de diverses races qui s’entremêlaient dans des figures complexes.
Les élèves furent invités à se ranger dans l’ordre, les plus jeunes devant, les plus âgés derrière, afin d’attendre l’arrivée de leur chef de maison.
Le Professeur Rogue arriva une fois que tous les élèves étaient en place, attentifs et silencieux. La présence du professeur retint l’attention de tous. Sa voix basse et profonde retentit alors.
« Bonsoir à tous. Bienvenue aux élèves de première année, je suis le Professeur Rogue, le professeur de potion de l’école de sorcellerie de Poudlard mais surtout votre chef de maison.
La maison Serpentard est la maison créée par Salazar Serpentard, l’un des quatre fondateurs de l’école. C’est aussi la maison dans laquelle les principales qualités sont la ruse et l’ambition.
Malheureusement, de nombreuses personnes pensent que ces qualités feront automatiquement de vous des sorciers sombres ou maléfiques et chercheront à vous nuire. C’est pourquoi la règle principale de votre nouvelle maison est l’entraide et la solidarité. Les élèves de Serpentards sont une famille. Toute querelle ou dispute entre vous ne doit pas sortir de la salle commune car vous devrez présenter un front commun aux autres élèves de l’école. Il est hors de question qu’un élève de Serpentard se retrouve isolé dans les couloirs.
Le harcèlement ou la mise à l’écart d’un de vos camarades ne sera pas toléré dans cette maison. Quelque soit votre statut de sang ou de richesse, je ne tolérerais pas de remarques dérogatoires entre vous. »
Sur ces mots, le professeur balaya ses élèves des yeux. Il savait pertinemment que certains Sangs-purs s’arrangeraient pour le faire quand même derrière son dos mais il savait également que la grande majorité ne laisseraient pas quelques radicaux nuire à l’ambiance de la maison. A Poudlard, c’était eux contre les trois autres maisons. S’ils voulaient s’en sortir, il fallait qu’ils soit unis. Il se méfiait particulièrement de quelques élèves de sixième et septième année qui, en grandissant, avaient appris beaucoup de choses de leurs parents, surtout en terme de sortilèges et malédictions assez sombres et cruelle mais aussi l’idéologie qui avait fait naître et fructifier le Seigneur des Ténèbres bien des années auparavant.
« J’ose espérer que je n’aurais pas besoin de revenir sur ce point.
Bien, pour le deuxième point, je tiens à vous informer, ainsi que rappeler à vos aînés, que j’attends de vous le plus grand sérieux dans vos études. Si vous éprouvez des difficultés dans une matière en particulier, des sessions d’études seront organisées tout au long de l’année. Je vous conseille également de vous reposer les uns sur les autres pour vous entraider. Les élèves de Serpentards sont désavantagés par les autres professeurs, qu’ils le fassent consciemment ou pas. Aussi, pour équilibrer, je me montrerai visiblement biaisé envers vous, vous accordant plus de points et en retirant plus aux élèves d’autres maisons. Je prends également en charge toute retenue donnée par vos professeurs. Mais cela ne signifie pas que, dans l’intimité de cette salle ou de mon bureau, vous ne serez pas sanctionnés durement. Je ne tolérerai pas l’irrespect, la fainéantise ou toute autre attitude chez mes serpents. Si vous estimez qu’une sanction n’est pas justifiée, vous venez m’en parler. S’il se révèle que la sanction était justifiée et que vous avez essayé de vous en sortir en passant par moi, je préfère vous prévenir que vous n’apprécierez pas les conséquences. »
A nouveau, son regard balaya la salle. Certains élèves plus âgés avaient baissé le regard. Effectivement, ils n’avaient pas apprécié les conséquences et avaient appris durement que le Professeur Rogue était juste, même si les autres maisons ne s’en rendaient pas compte.
« Pour le dernier point de cette réunion, je vous informe qu’à partir de demain soir et sur la durée d’une semaine, une visite obligatoire à l’infirmerie est organisée. Demain soir, les élèves de première année s’y rendront afin de faire un bilan de santé qui me permettra de planifier la distribution de potions si elles s’avèrent nécessaires. Le lendemain, les élèves de deuxième année s’y rendront et ainsi de suite. Tous, et je dis bien tous, les élèves de la maison doivent y participer. Il ne sert à rien de cacher un soucis de santé que l’on pourrait traiter aisément. Aucune fierté mal placée ne vous dérogera à la règle.
Je tiens bien entendu à vous dire que les informations relevées par Mme Pomfrey, notre infirmière, ne seront pas rendues publiques. Si le besoin de potion existe, je serais mis au courant. Si un problème plus sérieux est détecté, je serais mis au courant ainsi que le Professeur Dumbledore. »
Il se retint de dire que le Directeur avait la fâcheuse tendance à oublier les informations qu’il recevait chaque année. S’il n’avait pas été le directeur des Serpentards, de nombreux cas d’abus n’auraient jamais été réglés, car lui n’oubliait pas et faisait tout son possible pour venir en aide à ses élèves.
« Avez-vous des questions ? Non ? Soit. Mon bureau vous est ouvert tous les jours entre 17h et 19h, vous pouvez y venir en cas de besoin. Il est également possible de me demander un rendez-vous. N’hésitez pas à venir me voir ou à venir voir un de vos préfets. Je laisse à vos préfets le soin de vous présenter les lieux. Je vous souhaite une bonne soirée, les emplois du temps vous seront délivrés demain lors du petit déjeuner. »
